Il est compliqué de chanter en français. Les ombres planantes de Serge Gainsbourg et autres Daniel Darc férus de mots bien pensés ont toujours pesé lourd sur la scène pop française. Certains s’en sont parfaitement affranchis en inventant une pop dite satori, comme Etienne Daho, auquel ce Mathieu Lescop fait d’ailleurs furieusement penser. Échappé en tout bien tout honneur du groupe de rock hexagonal Asyl, ce dernier réussit avec brio l’épreuve du solo. Car c’est un environnement vaguement eighties - mais résolument post punk ou new-wave - qui fait la richesse de l’instrumentation de ce premier album, construit comme un carnet de voyage (on erre de Tokyo à Los Angeles en passant, bien sûr, par Paris). Ici, tout se partage entre fiction et réalité, conférant une couleur cinématographique à chacune des onze chansons ici présentes.

Les tubes du chanteur sont immédiatement accrocheurs. Des textes sombres et dansants, une guitare acérée nous transportent dans ce que la musique des années 80 fait de meilleure. Mathieu Lescop y impose son univers sans chercher à copier ses idoles,bref, un son New-wave sans nostalgie!

 

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